La quatrième poche de la veste d'Évariste était bizarre, complètement tordue. Curieusement, sa surface intérieure était aussi sa surface extérieure, ce qui fait que tout ce qui était dehors était dedans et tout ce qu'on mettait dedans était dehors. C'était un petit peu compliqué et le géant avait travaillé deux cent ans pour la fabriquer avec des anneaux d'écorce torsadés et assemblés. En tout cas, c'était très pratique ; quand Évariste oubliait de mettre son goûter dans sa première poche, il était sur de le retrouver dans la quatrième. Quand il avait envie de  voyager, il se mettait dans sa poche et se retrouvait où il voulait, mais il aimait bien marcher comme tout le monde.                 La poche d' Evariste

                                                       
Ses amis arrivèrent bientôt au rendez-vous. Le faucon Zelda arriva le premier et se percha sur son épaule. Il tenait dans ses serres les deux jolis lacets de cuir dont Evariste l'avait délivré quand il s'était échappé. Il en avait fait un bracelet en cadeau pour Margarine.

Gibelle suivit ; la jeune biche s'était parée d'une magnifique couronne de fleurs qu'elle destinait à Margarine. Elle avait bien lustré sa belle robe brune et son pelage était doux et soyeux.

Le blaireau Béchamel sortit de son terrier et s'installa confortablement sur un des pieds d'Evariste. Il s'était arraché une touffe de poils et les avait liés sur une branchette pour faire un pinceau. Il était tout fier de son travail et le portait triomphalement entre ses dents.

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