avaient disparus !
Le blaireau se cacha dans le revers du pantalon d'Evariste, Gapilette et le hibou s'enfermèrent dans leur maison-poche, le géant posa sa canne et s'immobilisa. Au sol, on ne voyait plus que deux troncs d'arbres aux énormes racine.
On entendit les cors et les «  Taïaut ! »   de l'équipage mêlés aux aboiements furieux des chiens. Gapilette ne pu s'empêcher de regarder la scène par un trou de sa maison-poche.
Les cavaliers suivaient, des hommes et des femmes vêtus de rouge, les yeux injectés de sang, appuyant les chiens, impatients de débucher leur victime, la poursuivre, la lancer, la relancer, forcer la bête aux abois et la mettre à mort d'un coup de dague.
Gapilette en avait mal au cœur. C'était la pire espèce de chasseurs, sanguinaires et cruels. Ils ne tuaient pas pour manger, mais simplement pour le plaisir. Lorsque la bête exténuée, la poitrine brûlante comme un feu de forge, les pattes raidies par la douleur, était sur ses fins, ils la servaient et la dépeçaient. Ils donnaient le coffre aux chiens et s'extasiaient de la curée.

Les chiens s'étaient regroupés autour des jambes d'Evariste. La piste s'arrêtait là et ils ne comprenaient pas. Ils reniflaient partout en tournant en rond, démoralisés.
Un chien leva la patte sur la jambe d'Evariste. Le blaireau, tout mouillé, sortit de sa cachette en grondant et s'enfuit. Une cavalière, furieuse, tira un coup de carabine, manqua le blaireau mais blessa le chien ! Elle cria au maître d'équipage :

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